Électricité : est-ce la fin du fournisseur historique ? | Utilitywise France
Électricité : est-ce la fin du fournisseur historique ?

Électricité : est-ce la fin du fournisseur historique ?

Référence française et mondiale dans le domaine de l’énergie, le groupe EDF est reconnu comme le fournisseur historique d’électricité. Depuis sa création en 1946, EDF avait le monopole mais l’ouverture des marchés de l’énergie a offert de nouvelles possibilités aux consommateurs. La transition énergétique a défini de nouveaux objectifs gouvernementaux…

Référence française et mondiale dans le domaine de l’énergie, le groupe EDF est reconnu comme le fournisseur historique d’électricité. Depuis sa création en 1946, EDF avait le monopole mais l’ouverture des marchés de l’énergie a offert de nouvelles possibilités aux consommateurs. La transition énergétique a défini de nouveaux objectifs gouvernementaux en matière de politique énergétique qui ne sont pas favorables au géant de l’énergie dont l’activité repose majoritairement sur le nucléaire.  En effet, le groupe traverse actuellement une période sombre.

Une situation financière difficile 

La révision décennale des centrales nucléaires et les travaux de maintenance coutent une fortune à EDF.   La situation financière d’EDF s’est dégradée en 2016 et a continué son labeur en 2017. Actuellement, l’énergéticien connait une dette de 31 milliards d’euros. Le groupe a révisé à la baisse ses résultats financiers pour 2018 en raison du marché défavorable.

Des concurrents qui gagnent du terrain 

D’après le dernier observatoire des marchés publiés par la Commission de Régulation de l’Énergie, la part de marché des fournisseurs alternatifs continue d’augmenter considérablement. En effet, au premier semestre, le fournisseur historique d’électricité a perdu environ 500000 clients résidentiels et la part de marché des fournisseurs alternatifs a également augmenté du côté des professionnels suite à la fin des tarifs règlementés de vente.

Nombre de sites ayant souscrit à une offre de marché au 31 mars 2017 :

Nombre de sites ayant souscrit à une offre de marché au 30 juin 2017 :

Des irrégularités persistantes

Les défauts constatés dans l’usine de Creusot Forge d’Areva et les anomalies qui retardent l’ouverture de l’EPR de Flamanville ne sont pas les seuls problèmes auxquels EDF a dû faire face. En effet, 37 réacteurs sur 58 sont touchés par des irrégularités et une vingtaine de réacteurs sont à l’arrêt. De plus, la modernisation des centrales nucléaires vieillissantes requiert des investissements massifs difficiles à assurer en raison de la situation financière du géant de l’énergie.

Le ministère des Finances français envisage une proposition de restructuration d’EDF en deux unités, l’une devant gérer ses activités nucléaires, l’autre ses activités de distribution d’énergie renouvelable et de distribution d’électricité. Le ministre de l’Energie et de l’Environnement, Nicolas Hulot, a déjà déclaré que le gouvernement envisage de changer la gouvernance d’EDF pour passer de l’énergie nucléaire à l’énergie renouvelable et que ce processus pourrait nécessiter une restructuration du groupe. BFM TV a signalé qu’un scénario possible pourrait être celui où les prix de gros de l’électricité seraient basés sur les coûts d’exploitation d’EDF et fixés par la Commission de Régulation de l’Énergie. Actuellement, EDF est légalement tenu de vendre jusqu’à un quart de son électricité nucléaire à des concurrents au prix réglementé de 42 euros par MWh, indépendamment de ses coûts. Cependant, les responsables insistent sur le fait qu’aucune décision n’a été prise, mais les propositions renforcent les craintes qu’EDF ne soit pas en mesure de respecter ses engagements financiers.

Myriam Amichia

Posté par le mercredi, le 29. novembre à 12.38