La blockchain, une technologie au service du secteur de l'énergie | Utilitywise France
La blockchain, une technologie au service du secteur de l’énergie

La blockchain, une technologie au service du secteur de l’énergie

Loin d’être une technologie applicable uniquement à la finance, la blockchain peut être utilisée dans à peu près n’importe quel domaine.

Mais alors comment ça marche concrètement ?

Vous avez sans doute déjà entendu parler du terme blockchain, grâce au bitcoin. Récemment cette crypto-monnaie a connu un succès fulgurant et est en train de révolutionner notre vision du système monétaire qui définit actuellement notre société.

Le bitcoin challenge en effet un système bancaire hiérarchique et centralisé en démontrant que la valeur d’une monnaie peut être détenue et contrôlée par tous les individus (et non pas un) constituant une communauté. A la base de ce système se trouve le procédé blockchain.

Loin d’être une technologie applicable uniquement à la finance, la blockchain peut être utilisée dans à peu près n’importe quel domaine. La blockchain est le produit d’une société qui change et où les individus d’une société veulent prendre plus de responsabilités. C’est la transition d’individus « consommateurs » vers des individus « consomm’acteur ».

Alors qu’est-ce que la blockchain ? Comment est-ce qu’elle peut être appliquée au nouvel écosystème énergétique ?

Définition de la blockchain

Pour faire partie d’une blockchain, il faut être équipé d’un ordinateur et d’internet. Une fois ces deux acquis, n’importe quel individu peut faire partie d’une blockchain, un système égalitaire virtuel qui permet de distribuer et contrôler des informations qui ont une valeur.

Le principe même de ce système est que les informations sont copiées et hébergées sur tous les ordinateurs composant la blockchain. Ainsi les informations sont publiques et accessibles.

On parle souvent de la blockchain comme une toile d’araignée, puisque chaque « node » ou ordinateur a un poids égal.

Sécurité

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la blockchain est un système très sécurisé. En effet, un hacker qui voudrait intercepter ou modifier des informations au sein de celle-ci devrait le faire sur tous les ordinateurs de la blockchain exactement en même temps. En théorie cela pourrait être possible, mais en réalité les chances sont proches de zéro car cela demande une très grande puissance d’ordinateur.

La blockchain dans le nouvel écosystème énergétique

L’énergie renouvelable a complétement modifié la manière dont l’énergie est distribuée au sein d’une communauté. En effet, en se démocratisant, les énergies renouvelables sont devenues accessibles aux particuliers et n’importe quel individu (ou presque) peut produire, distribuer, vendre ou acheter sa propre énergie sans dépendre d’un distributeur unique.  Grâce aux blockchains, le commerce de l’énergie entre particuliers est maintenant possible. Dans la blockchain, toutes les transactions liées à cette démocratisation de l’énergie peuvent être sécurisées, stockées, et transmises entre plusieurs partis. La blockchain « ne nécessite pas d’autorité centrale car les participants valident eux-mêmes les transactions. »

Mais alors comment ça marche concrètement ?

Un particulier veut vendre l’énergie renouvelable qu’il produit à son voisin. Pour le moment il le vend à son fournisseur d’énergie et celui-ci le redistribue dans le réseau. Mais avec le système blockchain, le particulier détient un compteur intelligent qui enregistre les informations de sa consommation et production d’énergie. Sur la blockchain ces informations sont mises à disposition sur tout le réseau. Comme le voisin fait partie du réseau, il a accès aux informations, et peut ainsi effectuer une transaction. La transaction stockée et ajoutée à la blockchain a besoin d’être validée par les autres membres avant que celle-ci peut être terminée. Tout le monde est en contrôle des transactions et donc autonome des réseaux de distribution.

Le Solarcoin

Le Solarcoin est une crypto-monnaie qui récompense le producteur d’énergie renouvelables. Pour chaque MWh produit, celui-ci reçoit un Solarcoin. Contrairement au bitcoin qui consomme des quantités astronomiques d’électricité et a une empreinte carbonique excédant tous les records (une journée de transactions bitcoins est équivalente au CO2 émis par un avion A 747 volant 188 jours non-stop !), le Solarcoin n’utilise pas d’électricité fossile pour être généré. En effet, l’individu reçoit un Solarcoin en récompense d’avoir produit des énergies renouvelables et non pas grâce à la résolution de problèmes algorithmiques par des ordinateurs qui demandent beaucoup d’électricité (ce processus est connu sous le terme de ‘mining’).

Conclusion

La blockchain est donc une technologie qui va permettre aux individus d’accéder aux informations d’un système directement sans passer par des intermédiaires arbitraires. Avec un système blockchain, les transactions sont facilitées, plus accessibles et contrôlées par tous les individus du même système. Les institutions historiques en particulier les distributeurs d’énergies ou les banques voient tout leurs systèmes bouleversés. Ainsi, la blockchain a donc un impact social avant tout qui change la manière dont l’on visionne les administrations. On pourrait voir à l’avenir par exemple la disparition des banques physiques (la montée de la banque en ligne ne fait qu’accélérer cela). Quant à la blockchain du Solarcoin, elle n’est pour l’instant que la carotte qui entraîne les individus à produire plus d’énergies renouvelables, car elle est plus symbolique qu’enrichissante. Si la blockchain parvient à se répandre dans d’autres domaines, c’est tous les systèmes administratifs qui pourraient se voir révolutionnés. C’est la démocratisation et facilitation des tâches administratives : le consommateur, historiquement passif, devient acteur.

Myriam-Deborah Amichia

Posté par le mardi, le 24. avril à 10.48